A nos portes…

stickers-trompe-l-oeil-porteJe ne sais pas vous mais cette fin d’année sent un peu la fumée. Pas une fumée blanche apaisante mais bien une petite fumée noire toute sale qui s’insinue sous la peau. En quelques mois d’une crise de l’Autre et de nous-mêmes, la liberté a volé une fois de plus en éclats d’ignorance et de stupidité. Cette fumée tenace ne pourra quitter notre peau que si on ouvre les portes et les fenêtres. Alors oui vous me direz qu’on a tous une porte différente. Blanche ou de couleur, en bois noble ou en acier trempé, vitrée par transparence ou opaque pour vivre caché des autres et surtout un peu de soi-même.

Cette porte parfois on l’entrouvre, on la ferme à double tour, on l’ouvre toute grande. On y entre sans devoir frapper ou en frappant très fort. Trop fort parfois. Parfois, on en perd la clé, on la change ou on y ajoute un verrou. Cela dépend de l’air du temps.

Parfois l’air passe quand même un peu, un air étranger à nous même, un petit air frais qu’on peine à reconnaître mais qui finalement enchante et fait du bien. Alors, on souffle le chaud et le froid. On ne sait pas très bien si cette porte, on doit la fermer ou l’ouvrir. Si on doit se fermer ou s’ouvrir. Parfois, on passe même par la fenêtre, c’est tout dire! Mais cette porte en ces temps fragiles, c’est un peu tout ce qui nous reste pour nous définir. On peut choisir de rester derrière elle ou devant elle. On peut l’ôter. La renforcer. La blinder pour rester sourd aux bruits du monde. En attendant, cette petite fumée noire s’infiltre par les interstices de nos portes. Elle ne passe que par là, que par ces failles. L’ouvrir et les failles disparaîtront. Cette porte est notre clé.

Pierre Dancot