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Alimentation et santé avec des médecins du namurois

Samedi 18 janvier, Patrick Dupriez a eu l’occasion de s’adresser à un public de médecins du namurois pour discuter avec eux du thème de l’alimentation.

Parler de ce qu’il y a dans notre assiette, c’est aborder le plaisir de la saveur des aliments, le respect de la terre et de l’agriculteur, les enjeux économiques liés au secteur agro-alimentaire, mais surtout, face à ce public de spécialistes, les questions de santé individuelles et collectives.

Face à la malnutrition – c’est à dire à la fois le problème de la faim, de carences en micronutriments et vitamines et, de plus en plus, de surnutrition – le politique a un rôle important à jouer.

Outre les enjeux de santé relativement connus du modèle alimentaire occidental (trop de sucre, de sel, de graisse trans, pas assez de fruits et légumes…) un vrai problème de dénaturation et de pertes de qualités de notre nourriture mérite notre attention.

A titre d’exemple, il a évoqué le lait dont la transformation via la sélection génétique des animaux, leur alimentation et les traitement UHT aboutit à un produit qui entraine de plus en plus d’allergies ou d’intolérances. Ou la viande dont l’équilibre en acide gras a été bouleversé par une alimentation qui n’est plus liée au pâturage mais bien essentiellement composée de farine de maïs et de soja. Pour compenser les carences en acides gras Oméga3, l’industrie alimentaire nous propose une « filière Oméga 3 » et les pharmaciens un assortiment de compléments alimentaires tels que les des huiles de poisson.

Et voilà un aliment au départ naturellement issu d’une vache qui broute de l’herbe qui devient le fruit d’un système coûteux en énergie avec un impact sur la santé, sur l’environnement et sur le budget des ménages et des collectivités pour au final moins de plaisir et de bien être.

L’acte quotidien de se nourrir qui semble si évident et naturel nous échappe largement tant la boite noire du système agro-alimentaire est opaque.

Savons-nous vraiment ce que nous mangeons ? Quel est l’impact de la publicité sur nos choix alimentaires ? Quel est le prix réel des aliments, si on compte le coût collectif induit par la malbouffe ? Quel est le revenu qu’en tirent les agriculteurs, l’industrie pharmaceutique ou agro-alimentaire ?

Partager cette discussion avec des acteurs de la santé de première ligne est évidemment enrichissant mais est aussi important dans la mesure où les médecins ont un rôle essentiel à jouer pour favoriser une alimentation saine et durable, en particulier auprès des publics précarisés.

Ensemble nous pouvons inverser la tendance. En combinant l’information, la sensibilisation et la prévention à une action politique volontariste en matière de fiscalité adaptée, d’étiquetage ou de cahiers des charges dans les cuisines collectives… nous retrouverons le plaisir d’une alimentation de qualité bonne pour la santé, pour l’environnement et favorable au développement économique dans nos campagnes.