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Appel aux forces vives du Pays de l’Eau d’Heure

Depuis des mois, nous sommes allés à la rencontre des entrepreneurs et des acteurs sociaux de l’Entre-Sambre-et-Meuse, territoire particulier à cheval sur les provinces de Namur et du Hainaut. Nous en avons dégagé une réflexion, des pistes et des propositions.

Cette partie du Sud de la Province de Namur (mais aussi du Hainaut) semble un peu en panne de projet politique et manquer singulièrement de projet clair susceptible de répondre aux défi de cette zone et d’en valoriser les potentiels.

Une action politique concertée entre les autorités locales et avec les forces vives, les différents acteurs économiques, sociaux et culturels peut pourtant transformer les difficultés en opportunités.

Aujourd’hui, nous avons présenté à la presse notre analyse : développement du tourisme, exigence de qualité pour l’agriculture locale, formation, engagement dans la filière bois, rénovation d’un bâti ancien et amélioration de la mobilité sont les principaux axes que nous défendons.

L’Entre-Sambre-et-Meuse est une région qui, malheureusement, cumule un certain nombre de difficultés. D’une part, la population est plus âgée que la moyenne, plus défavorisée, moins formée et davantage confrontée au chômage. D’autre part, le bâti est un des plus anciens et des plus mal en point du pays, l’offre de formation est certes diversifiée mais limitée au niveau supérieur, les dessertes en transports en commun sont particulièrement faibles.

Des atouts de premier ordre

Face à ces handicaps, la région dispose aussi de formidables atouts. Ainsi, on trouve là certains des plus beaux paysages du pays, un tissu de PME particulièrement dense, une longue tradition agricole et industrielle, des forêts riches et étendues, un secteur non-marchand pourvoyeur de services et d’emplois, de nombreux acteurs culturels, des lieux touristiques aussi attrayant que les lacs de l’Eau d’Heure, l’Aquascope, le Parc Naturel du Viroin…

Quatre priorités

Pour permettre à la région de se redéployer en utilisant au mieux ces atouts, Ecolo pense que l’action politique doit se concentrer sur quatre thèmes prioritaires.

D’abord, engager un vaste mouvement de rénovation du bâti. Cela permettrait tout à la fois de créer de l’emploi local, d’améliorer les conditions de vie des habitants et de réaliser, rapidement, d’importante économies d’énergie.

Le deuxième souhait est de structurer une offre touristique globale. Aujourd’hui, les acteurs du tourisme collaborent trop peu. Il faut donc les mettre davantage en réseau. On devrait aussi, par exemple, élargir le Parc Naturel Viroin-Hermeton actuellement « mono-communal », améliorer la l’accessibilité des lacs, ou mettre en place une centrale de réservation des hébergements,regrouper les deux Maisons du tourisme….

Le troisième axe est celui du soutien aux circuits-courts alimentaires afin d’améliorer la valeur ajoutée et l’ancrage local de l’activité agricole et de contribuer à l’attrait du territoire : favoriser des ateliers partagés pour la transformation agro-alimentaire, soutenir les initiatives qui rapprochent agriculteurs et consommateurs, utiliser les produits locaux de qualités dans les cuisines collectives et l’Horeca…

Enfin, le soutien aux initiatives dans le secteur de l’aide aux personnes sera décisif. Le bien-être d’une population vieillissante en dépend et de nombreuses offres des formations dans ce domaine.

Former, agir en boucle courte et faciliter la mobilité

Pour agir dans ces quatre secteurs, trois moyens nous semblent particulièrement adaptés à la situation de la région.

D’abord, il s’agit de renforcer la formation initiale et continue dans le bassin de vie, en collant au mieux aux besoins et potentialités du territoire

Ensuite, il nous semble nécessaire de promouvoir la culture notamment va la création d’événements permettant de valoriser le potentiel du territoire

Enfin, il nous paraît nécessaire d’améliorer la mobilité tant professionnelle que familiale et culturelle en soutenant des projets comme celui de Mobil ESEM et de la connectivité grâce à un projet de déploiement de fibre optique sur le territoire de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Dépasser les frontières et mobiliser les acteurs

Pour conclure, les mois de contacts ont aussi attiré notre attention sur deux choses.

La première, c’est la nécessité de dépasser les frontières. D’abord, parce que l’Entre-Sambre-et-Meuse est à cheval sur deux provinces. Il nous semble important de réfléchir correctement à l’échelle de ce territoire, qui a sa propre identité indépendamment de la carte administrative du pays. Ensuite, parce que la région est aussi limitrophe de la France. Et, assurément, cette proximité permet une dynamique transnationale prometteuse.

La deuxième, c’est que la région manque d’une vision et de volonté concertée à l’échelle supra-locale, rassemblant les politiques et les acteurs économiques, associatifs et culturels du territoire.

Nous avons réfléchi, rencontré, et nous proposons ici des pistes pour avancer. Mais il faut, maintenant, que les forces vives s’embarquent dans un même mouvement, dans une dynamique coopérative et prospective inspirée d’autres expériences wallonnes telles que la Wallonie picarde ou le Pays de Famenne.

Les ressources sont disponibles, la créativité et l’enthousiasme existent. Le Sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse a sans doute avant tout besoin d’une mobilisation collective autour d’un projet de développement territorial dépassant les frontières communales, provinciales et même nationales.

Dans l’arrondissement de Philippeville une vision, un projet et un leadership pour le « Pays de l’Eau d’Heure » pourrait donc être un des enjeux importants du futur.

Quant à nous, Ecolo, nous nous engageons, dans les mois et les années qui viennent, à agir au mieux au profit de cette mobilisation…

Diaporama conférence de presse