C’est campagnal ? … Petite fugue philosophique du mardi-gras…

Cette fois, sans conteste, la campagne électorale a commencé. Réjouissons-nous de ce qu’elle permet comme rencontres, débats, mouvements, promesses (quand elles sont sincères)… Mais, je l’avoue en ce jour de mardi gras, le côté excessif et manquant de nuances de cette période n’est pas ma tasse de thé. Tiens, au fait… La campagne et les élections auraient-elle quelque chose de commun avec la saison carnavalesque et son festif chahut ?

Le carnaval réunit la communauté dans un même lieu, à un même moment, pour la même raison. Les élections aussi.

Le carnaval marque la fin de l’hiver et le début du printemps, c’est-à-dire la fin d’un cycle, un renouveau. Les élections aussi.

Le carnaval est bruyant. La campagne aussi. Chaque parti ou chaque électeur, essaie de faire porter sa voix plus haut que celle de l’autre.

Le carnaval est outrancier. Une campagne aussi. Tant de choses s’y disent (pas par moi, évidemment…), si excessives qu’elles en deviennent insignifiantes.

Le carnaval est un moment où l’on se déguise et porte un masque pour se dissimuler. Et bien en campagne aussi. Le PS se cache derrière un masque de gille populaire et bonhomme pour faire croire qu’il est profondément à gauche ; le MR derrière un loup en soie pour faire croire qu’il aime les petits entrepreneurs ; l’extrême-gauche derrière un masque de super-héros ; et même Ecolo enfilerait bien un déguisement de perdreau de l’année alors que nous commençons à être des expérimentés (heureusement encore pleins de fraîcheur et d’idées).

Et puis, surtout, le carnaval est ce moment d’inversion où ce qui est habituellement interdit est tout à coup possible. Les élections aussi : le citoyen, qui en temps normal n’a que bien trop peu à dire, se retrouve aux commandes. L’homme ou la femme politique, qui d’habitude décide ou tente de décider est à la merci du « petit homme qui entre dans un petit isoloir, avec un petit crayon, pour faire une petite croix sur une feuille de papier » dont parlait Churchill.

Alors, c’est campagnal ? J’espère que non car comparaison n’est pas raison…
J’aspire à ce que « l’après le 25 mai », ne soit pas comme les lendemains de carnaval dans nos villes redevenues lisses et murmurantes, un simple retour à la normale, comme si de rien n’était…
J’espère que ces élections donneront une véritable impulsion pour une politique plus durable, plus sociale, moins prise dans les rets de ses démons institutionnels.

Cela tient à nous, candidat(e)s et à nous tous, citoyen(ne)s, à notre croix, notre voix, nos engagements, sincères et sans travestissements.