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Ondes : appel à la précaution !

« Ondes GSM et santé » : la question n’est pas de savoir s’il existe un consensus scientifique sur l’ensemble du sujet. Il y a en effet toujours des divergences entre une majorité d’études indépendantes et celles commandées par le secteur. Par contre, un consensus scientifique existe sur l’intérêt d’une sensibilisation des citoyens aux risques potentiels de l’usage des technologies sans fil.

Cet appel à la prudence et au principe de précaution figure notamment dans une brochure publiée par le gouvernement fédéral. Les opérateurs de téléphonie eux-mêmes dispensent d’ailleurs des conseils de base sur les dangers de l’utilisation prolongée du GSM sans oreillette, de son usage en voiture ou en présence d’enfants…

Cette sensibilisation ne doit pas attendre, vingt ans ou davantage, qu’un large consensus scientifique se dégage sur l’ensemble des conséquences sanitaires possibles des ondes électromagnétiques.

En mai 2011, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé, classait les champs électromagnétiques de radiofréquence dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’homme (Groupe 2B), catégorie utilisée lorsqu’on considère comme crédible un lien de cause à effet, mais sans qu’on puisse éliminer avec une certitude raisonnable le hasard, un biais ou des facteurs de confusion.

Les conseils de précaution d’utilisation des téléphones portables sont, somme toute, assez simples et figurent d’ailleurs pour la plupart dans le rapport de l’Institut de Santé Publique intitulé « Les rayonnements radiofréquences : revue de la littérature de l’impact sanitaire », réalisé en 2012, qui recommande, par précaution, de « limiter notre exposition aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles ».

L’ISP propose à cet effet des actions aisées à mettre en œuvre et des règles de sécurité, à observer pour soi et pour les autres, parmi lesquelles :

Pour les GSM :

  • écourter au maximum les communications téléphoniques ou… privilégier le téléphone fixe ;
  • attendre que la communication soit établie avant de porter le GSM à l’oreille ;
  • privilégier les endroits où la réception est optimale et donc éviter les lieux fermés (voitures, souterrains, ascenseurs, caves…) ;
  • envoyer des SMS plutôt que téléphoner ;
  • éviter de téléphoner en se déplaçant ;
  • utiliser une oreillette ou changer régulièrement d’oreille pour téléphoner ;
  • ne pas utiliser de GSM à proximité des bébés ;
  • limiter au maximum l’utilisation des GSM par des enfants et leur expliquer la nocivité potentielle des ondes ;
  • respecter un temps de pause entre les appels ;
  • éteindre son téléphone la nuit…

– Pour les téléphones de type DECT:

  • installer le récepteur loin d’un lieu de repos ou de séjour prolongé ;
  • choisir un téléphone de type DECT qui n’émet pas de signaux quand le combiné est placé sur la station de base et dont la puissance d’émission s’adapte de façon à n’émettre que le minimum nécessaire.

– Pour l’internet sans fil, le Wi-Fi :

  • privilégier les solutions filaires ;
  • couper la connexion sans fil au réseau lorsqu’elle n’est pas utilisée;
  • installer un modem sans fil à un endroit où les personnes passent peu de temps.

En ce qui concerne les baby-phones :

  • les éviter au maximum ;
  • en cas d’utilisation, placer l’appareil à 1 mètre au moins du lit du bébé ;
  • opter pour un baby-phone avec activation par la voix, de sorte qu’il n’y ait émission de signal qu’après l’activation du transmetteur par la voix du bébé.

Depuis 2011, les ministres régionaux et communautaires de la santé évoquent la Conférence interministérielle Santé-environnement comme étant le lieu adéquat pour développer une action concertée relative aux mesures de prévention à l’égard des pollutions électromagnétiques. Aucune communication n’a cependant été réalisée sur ce plan d’action à ce jour.

On ne peut que le regretter…

Pour en savoir plus :

L’ensemble de mes questions parlementaires relatives aux ondes électromagnétiques est disponible ici (en pdf).
Questions parlementaires ondes Patrick Dupriez

La brochure « Les champs électromagnétiques et la santé », éditée en 2010 par le SPF Santé

En France, ce 23 janvier dernier, les députés de l’Assemblée Nationale ont adopté un texte encadrant le développement de la téléphonie mobile et des technologies sans fil. Les associations constatent que la petite loi adoptée reflète l’état des forces en présence, l’ambition du texte initial a malheureusement été réduite, notamment en ce qui concerne l’exposition des enfants. Ce texte marque cependant une étape symbolique pour la reconnaissance de l’électrohypersensibilité.

Loin d’un texte idéal garantissant aux riverains d’antennes, utilisateurs de portables et électrohypersensibles la sobriété électromagnétique affichée, le texte voté n’en n’est pas moins une avancée comblant un vide règlementaire persistant.
Projet de proposition de loi relative à l’application du principe de précaution défini par la Charte de l’environnement aux risques résultant des ondes électromagnétiques, de Laurence Abeille, députée Europe Ecologie Les Verts à l’Assemblée nationale.