20 mots pour un portrait écologiste

Ailleurs
« Poussières aux pieds vaut mieux que poussières au derrière » dit un proverbe peul.
Enfant d’Afrique, voyageur au long cours, j’ai séjourné en Amérique du sud et au Maroc, travaillé au côté d’organisations paysannes africaines et participé à la création des cours Métis à l’UCL afin d’ouvrir l’université à l’interculturalité. L’étranger, c’est la distance qui aiguise notre regard sur nos propres réalités, la rencontre qui permet de comprendre que le passé, le présent et le futur des habitants de notre Terre-patrie sont indissolublement liés et que l’humanité est unique dans sa diversité.
« Citoyen du monde et de son village », découvrez mon portrait rédigé par Colette Braeckman http://www.patrickdupriez.be/citoyen_patrick_dupriez /.

Alimentation
C’est à l’époque où je dirigeais les Classes de forêt de Chevetogne que débute mon aventure « Alimen-terre » en réalisant, pour la première fois en Wallonie, un marché public « alimentation durable » pour collectivité intégrant les dimensions plaisir, santé, environnement et social dans un cahier des charges. J’en suis convaincu, on peut changer le monde par l’assiette, en se régalant. Car au bout du compte, c’est la malbouffe qui coûte cher à la planète, à la société et, finalement, surtout aux plus pauvres.

Convivialité
Il faut relire Illich. Notre avenir a besoin de réinventer la convivialité et de retisser les liens qui donnent un sens à la participation de chacun à la société. Cette convivialité que nous espérons au dehors, nous devons la pratiquer au-dedans. A la fin des année 90, à quelque-uns, nous tentions déjà de rendre Ecolo plus accueillant et plus ouvert à la participation réelle de tous et surtout de toutes : accueil des enfants, alternance de parole homme-femme, méthodes d’animation efficaces, limitation de la durée des réunions, moments de fête… Un ouvrage à remettre régulièrement sur le métier…

Coopération
Le chemin que nous empruntons est déjà l’objectif quand nous éprouvons le plaisir de la coopération en soignant nos relations et complémentarités. Ce qui est vrai entre écologistes peut l’être aussi avec l’extérieur car, tôt ou tard, l’adversaire doit devenir un partenaire.

Culture
J’adore la bonne chanson française, la country, les musiques latino et africaines, le théâtre et le théâtre-action, le cinéma et les romans qui font voyager. Je crois à l’importance d’une culture qui nous enracine et nous libère, porteuse de créativité, de sens et de lien social. La culture, c’est aussi nous rappeler que nous ne sommes pas en vie pour souffrir au travail (ou de manque de travail) et faire du shopping mais bien davantage pour être en lien, connaître et nous émerveiller.

Ecologie
« Mon » écologie est fondamentalement inspirée des équilibres dans la complexité et la diversité. Elle est scientifique renvoyant aux écosystèmes, elle est politique engageant dans la société, elle est aussi relationnelle et personnelle, invitant à toujours nous interroger sur nos besoins essentiels de sécurité, de relation, de sens… Faire de la politique autrement, c’est aussi vivre un parti qui respecte et favorise l’écologie personnelle de ses militants, permanents et mandataires.

Enfance
Mes enfants et tous les autres dont j’aimerais qu’ils puissent grandir et trouver leur place dans un monde qu’ils aient envie d’habiter et de transmettre, dans une société qui ait d’autres lois que celle du plus fort et d’autres valeurs que celles du profit et de l’accumulation. Agir pour les générations futures, c’est d’abord s’occuper des enfants qui naissent aujourd’hui, de comment ils viennent au monde, sont accueillis, peuvent développer un lien d’attachement avec des parents eux-même soutenus. C’est tout-petits que les enfants vont acquérir – ou pas – les bases d’une sécurité affective qui influencera de façon déterminante la personnalité et les comportements sociaux des adultes qu’ils deviendront.

Enthousiasme
Mon écologie est enthousiaste malgré les alarmes qui clignotent de toutes parts. Parce que partout des initiatives concrètes naissent et se développent qui inventent humblement mais concrètement la transition. Parce que l’espérance est une nécessité pour ouvrir le chemin d’un changement. Le bien-être de demain, il habite aujourd’hui.

Et
Penser en « et » plutôt qu’en « ou ». Aimer les jus de fruits frais et les trappistes ; le foot et Georges Brassens ; la sécurité et la liberté, Isabelle Durand et Philippe Lamberts… Parfois il faut choisir mais j’aime conjuguer les « et » plutôt que les « ou ». Sur le chemin de la transition écologique nous pouvons être à la fois mutant au quotidien, en mouvement avec d’autres pour des actions de terrain, et militant politique selon les moments et les circonstances.

Forêt
Celle de mes études d’ingénieur des Eaux et Forêts ; celle, pluvieuse, du Sud du Chili ou je m’immergeais pour mon travail de fin d’études ; celles du monde dont les traités internationaux du sommet de Rio en 92, où j’ai débuté ma carrière d’écologiste, n’ont pas enrayé la destruction… La forêt remplie d’enfants qui entoure le centre des Classes vertes de Chevetogne que j’ai dirigé durant 7 ans. Et puis celle qui m’appelle dans la vallée de l’Ywoigne où je retrouve l’inspiration égarée.

Formation
Ma rencontre avec Gérard Pirotton au sein du « Groupe de Travail Formation » fut déterminante dans mon parcours au sein d’Ecolo. Des années durant, nous avons organisé des formations à l’attention des militants parmi lesquelles « approche systémique et écologie politique » qui m’est particulièrement chère. C’est cet engagement de plusieurs années dans la formation et l’animation interne qui m’a amené en 2002 à rejoindre professionnellement Ecolo puis Etopia comme responsable de la formation et des Rencontres Ecologiques d’été.

Genre
Plus de femmes en politique, plus de femmes au sein d’Ecolo et parmi nos mandataires, certes. Mais au-delà des quotas, c’est le respect et la valorisation d’attitudes et de valeurs moins compétitives et intégrant davantage les dimensions de la vie traditionnellement prises en charge par les femmes qu’il faut développer. Ok pour plus de femmes ministres, de dirigeantes, de prises de parole au féminin mais j’espère aussi que demain il y aura moins de réunions à 17 heures et davantage d’instituteurs paternels et d’infirmiers…

Justice
Je ne supporte pas l’injustice et la mauvaise foi. L’injustice, c’est le premier ressort de mon engagement ; c’est ce dont on accuse des personnes alors qu’elles n’en sont pas responsables et c’est le niveau croissant et écoeurant des inégalités entre les citoyens et entre les peuples.

Au-delà du combat pour plus de justice sociale et l’égalités d’accès aux droits fondamentaux, je suis frappé par le méconnaissance voir le mépris qui habite la plupart des « décideurs » par rapport à la réalité vécue par les personnes précarisées. La première justice à rendre à ses personnes est sans doute de leur reconnaître une parole dans le débat démocratique, de les écouter et de prendre la mesure de ce qu’implique la lutte quotidienne pour mener une vie digne.

Militant
Agir ensemble pour transformer le monde. Amnesty, Greenpeace, 11.11.11, Iles de Paix, mouvements de jeunesse et étudiant, cafés politiques… ont occupé ma jeunesse. J’ai emprunté, depuis, de nombreux chemins de militance au sein d’Ecolo à Nivelles, Genappe, Etterbeek, Ciney, secrétaire local et régional, responsable de commission, membre du Groupe de Travail Formation… Un maître-mot militant : la justice !

Nature
Un des enjeux de notre temps réside dans la reconnexion des êtres humains avec la nature, celle qui nous entoure et celle qui nous habite. Il s’agit de préserver les écosystèmes et les ressources naturelles afin d’assurer notre survie mais aussi de comprendre et soigner la complexité des équilibres du vivant (vive les microbes!) et de renouer avec la beauté et la force de ce qui nous dépasse.

Politique
En 2006, je suis devenu échevin à Ciney (en charge de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire, du logement, de l’énergie, de la mobilité, de la jeunesse, de la solidarité internationale et du plan de cohésion sociale), en 2009 député et en 2012 président du Parlement wallon. Comme parlementaire je me suis particulièrement occupé des matières relatives à l’agriculture, la biodiversité, les travaux publics, les pollutions électromagnétiques, la petite enfance, la promotion de la santé et les relations internationales.

Vous trouverez plus de détails sur mon parcours et mon travail politique via les liens suivants : http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/dictionnaire/dupriez-patrick#.VKao9Se3-sp
http://www.patrickdupriez.be/

Pragmatisme
J’ai été indépendant, fonctionnaire dirigeant, employé dans l’associatif, vulgarisateur, éditeur, directeur, éducateur, formateur avant d’accomplir 5 ans de mandat politique professionnel.
« Mon » écologie est pragmatique : j’aime le concret du premier pas, celui que l’on fait avec les gens tels qu’ils sont, là où ils sont aujourd’hui, celui de nos actes quotidiens, de nos mobilisations collectives et des décisions démocratiques.

Progressiste
Nous luttons pour la souveraineté des humains et de la démocratie sur le capital et contre les logiques de prédation et de concurrence de tous contre tous. Mon écologie est résolument progressiste. Elle vise à créer les conditions favorables à l’émancipation de chacun dans une société solidaire.
L’immersion dans les luttes du Mouvement des sans terre au Brésil m’a physiquement fait comprendre combien les progrès sociaux et la justice résultent nécessairement des mobilisations collectives des hommes et des femmes contre les pouvoirs politiques, économiques ou culturels qui les oppriment. Mais je suis aussi inspiré par Martin Luther King : « nous luttons pas contre l’oppresseur mais contre l’oppression ».

Radicalité
« Mon » écologie est radicale car ancrée dans la conviction qu’il est nécessaire de remonter à la source pour comprendre et améliorer ce qui nous irrigue. Notre alimentation, nos conditions de vie, notre environnement… conditionnent notre santé avant que la médecine ne tente de la réparer. Je pense que l’adage «prévenir plutôt que guérir » est au coeur de la démarche écologiste. Mais mon écologie est inclusive et s’adresse à tous. Pour qu’émerge une société nourrie des valeurs de coopération, de partage, de convivialité, d’échange, de créativité… bien plus que des changements technologiques ou normatifs, il faudra une véritable révolution culturelle à laquelle Ecolo doit contribuer.

Ruralité
Le dialogue avec les acteurs de la ruralité (chasseurs, sylviculteurs, agriculteurs, naturalistes, usagers « récréatifs ») reste une de mes préoccupations. Mais si habiter un village du Condroz est un bonheur paysager, c’est aussi un défi permanent de mobilité et un contact avec des formes de précarité et des réalités sociologiques trop peu prises en compte par le politique.

20 mots ? Et bien non, 21, car il y a aussi…

Zakia
Indignation, conviction, réflexion, action… Zakia possède les ingrédients de l’engagement politique sincère et exigent. L’émancipation, n’est pas pour elle seulement une notion ou une valeur mais une expérience de vie concrète. C’est aussi une femme sensible et directe avec qui la communication vraie est possible.

Un plaisir de cheminer avec elle. Beaucoup de confiance dans notre capacité à être en duo plus que la somme de nos deux personnalités.

 

 


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