i tendre la main

La transition ? Pour une politique de la main tendue !

De Philippe Pierson

« Appartement à louer, sauf aux chômeurs et aux étrangers » titrait un article de La Libre du 21 février dernier. Ben voyons…

Aujourd’hui, l’autre – s’il est mal connu ou différent – fait peur et entraîne ça et là des réflexes de rejet. Le jeune, le chômeur, la personne handicapée, l’étranger, l’allocataire social sont d’abord vus comme des menaces ou des dangers… Alors, on croit se protéger en développant des stratégies qui les refoulent, les disqualifient, les excluent. Le délit de « sale gueule » est souvent à nos portes… Plus généralement, dans un contexte de crise comme celui d’aujourd’hui, l’isolement, le repli sur soi et les réponses égoïstes ont souvent tendance à l’emporter sur les gestes de solidarité : « chacun sa route, chacun son chemin », « si tu veux, tu peux… ». Est-ce le bon choix ? Pour mieux vivre ensemble, l’urgence n’est-elle pas de favoriser des gestes et des politiques de mains tendues ?

Il existe des tas d’initiatives qui vont dans ce sens, en pariant sur l’ouverture, la confiance et le respect plutôt que sur les rejets : les entreprises d’économie sociale et d’insertion qui engagent des personnes qui voient le marché de l’emploi s’éloigner, les projets solidaires qui garantissent des revenus décents aux producteurs d’ici comme d’ailleurs, les entreprises de travail adapté qui offrent du travail à des personnes handicapées, les projets environnementaux qui se préoccupent des générations futures, etc.

Il n’est pas si difficile de soutenir des projets de ce type, ils sont à portée de main quand nous devons faire de simples choix de consommation quotidiens ou des investissements plus importants.

Et si une politique de transition était celle-là ? Celle de l’ouverture et de la confiance à l’autre ? Celle de la rencontre, de l’écoute et du dialogue ? Celle de la 2ème voire 3ème ou 4ème chance ? Celle du respect des différences ?

« Soyez le changement que vous voulez voir en ce monde » disait déjà Gandhi. Pierre Rabbi ne dit rien d’autre quand il écrit dans son dernier livre « Nous sommes le monde. Nous changer revient donc déjà à changer une partie du monde, certes infime mais existante et importante »… Tout un programme pour une véritable transition !

Philippe Pierson