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C’est votre exemple qui change le monde

Par Anne-Françoise Gailly

« C’est votre exemple qui change le monde, pas vos opinions ». En cette période de débats et autres joutes pré-électorales, cette citation de Paulo Coelho me semble plus cruciale que jamais. Elle nous parle de congruence.
La congruence est la cohérence entre nos paroles et nos actes, entre nos mots et nos attitudes. 

C’est une valeur très exigeante, car comme être humain nous avons tous un « angle mort », un écart de perception entre ce que nous pensons être et ce que nous sommes.

Le matin nous allons manifester contre la violence, et le soir nous hurlons des injures (souvent sous les yeux de nos enfants…) à l’attention de ce stupide automobiliste qui vient de nous couper la route…

Nous militons contre le racisme et les préjugés et nous passons nos débats – ou nos réunions de famille – à critiquer copieusement « les autres» – vous savez, ceux qui ont tort, qui sont dans l’erreur, qui ont de moins bonnes valeurs que « nous »…

« Oui mais ça n’a rien n’a voir » me direz-vous…

Et bien en fait, si !

L’énergie de l’agressivité est de la violence, même si nos cultures (et nos familles) ont édicté des codes pour en distinguer des formes « acceptables » et d’autres non. D’ailleurs ces codes changent d’une époque à l’autre, d’un endroit du monde à l’autre, d’une famille à l’autre, preuve s’il en est de leur relativité.

Même « minime », une attitude agressive ou intolérante nourrit une énergie d’agressivité ou d’intolérance. Et comme toute énergie émise attire une énergie similaire, chaque fois que vous pensez, parlez ou agissez de manière agressive ou intolérante, vous nourrissez l’agressivité ou l’intolérance de ce monde.

Wow… ça c’est fort… Donc même si je passe des heures et des soirées à me battre dans mon association ou mon parti pour lutter contre les injustices et les préjugés, en fait je les nourris « à l’insu de mon plein gré » dans mon quotidien ?! Bon ben comment je fais alors ? Je ne peux pas défendre de grandes causes tant que je ne suis pas irréprochable dans ma vie privée ?

Non bien sûr. L’idée est juste de compléter, d’élargir notre champ de militance et d’envie de changement à notre porte, notre famille, nos voisins, nos collègues…

Commencez juste par vous observer. Juste aujourd’hui, notez combien de fois vous vous énervez (pour une bonne raison), vous critiquez (à juste titre), vous jugez (selon vos – bons – critères). Et puis, demain, essayez de passer une journée, une seule, sans vous énerver, sans critiquer, sans juger. Et voyez comment vous vous sentez…

Mieux n’est-ce pas ?

C’est logique : non seulement vous avez « récupéré » toute l’énergie de votre colère que vous avez pu utiliser à autre chose. Mais, en plus,  votre comportement plus paisible a elle-même suscité des évènements, des attitudes plus positives, qui viennent à leur tour nourrir votre sérénité.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Gandhi)

Alors, c’est simple : faites de la colère une amie, un signal d’alarme qui vous invite à vous mettre en action, mais déployez ces actions en cohérence avec vos valeurs positives.

J’ai dit que c’était simple mais je n’ai pas dit que c’était facile… Alors un petit pas à la fois, aujourd’hui mieux qu’hier et moins bien que demain.

En vous rappelant que si vous voulez un monde plus tolérant, plus respectueux, plus paisible, plus solidaire, la première chose à faire, celle qui est à votre portée et qui est bien plus puissante que vous ne le pensez, c’est de nourrir au quotidien vos actions et vos comportements de ces belles valeurs.

Anne-Françoise Gailly
Déployeuse de Possibles
Coach, formatrice, thérapeute